Compte rendu de la réunion avec la mairie du 6 juin 2013

Nous étions invités jeudi 6 juin à la mairie, au cours de cette entrevue, nous avons remis à M. le Maire, la lettre ouverte signée par 125 délégués de parents d’élèves du secteur 1, CA de la MJC et de l’Union de Quartier Chorier, Berriat, Europole.

Cet article est le compte-rendu rédigé par les membres du collectif présents à cette réunion.

Présents :

  • Michel Destot (Député Maire)
  • Christine Crifo (élue Grenoble, CG secteur 5, Pdt Innovia)
  • Paul Bron (Adjoint chargé de l’éducation)
  • Pascal Garcia (élu – co président CCS1)
  • Alexandra Lafay (Assistante M.Destot)
  • Fabien Malbet (Collectif/FCPE Fantin Latour)
  • Joanne Antoine (Collectif/Jean Jaurès)
  • Jérome Martin (Collectif/Ampère/CCS 1)
  • Laurent Ripoll (Collectif/Anthoard/CCS1)
  • Pascal Fouque (Collectif/Ampère/FCPE Fantin Latour)

Réunion : de 16.45 à 18.00

Préambule

En préambule, les parents remercient le Maire de les recevoir au nom du collectif et remettent la lettre ouverte signée notamment par 125 parents délégués des écoles et du collège du secteur 1, le Conseil d’Administration de la MJC Parmentier et le Conseil d’Administration de l’Union de Quartier Berriat-Saint Bruno-Europole.
Les parents font ensuite un bref rappel de l’historique du collectif depuis sa création décidée suite à la re-sectorisation de l’école Ampère vers le collège Aimé Césaire jusqu’au constat général établi dans la lettre ouverte sur le manque d’établissements scolaires dans le premier degré (écoles) et le second degré (collège) ainsi que d’équipements socio-éducatifs sur le secteur 1 suite au grand nombre de construction de nouveaux logements initiée par la mairie (Europole, Lustucru, Bouchayer-Viallet, Clos des Fleurs).
Les parents rappellent que ce n’est pas la densification de leur quartier qui leur pose problème mais le fait que l’accroissement de population n’a pas été accompagné par des services publics de proximité.
Ils rappellent également que ces inquiétudes ont été largement exprimées à travers les avis du Conseil Consultatif du Secteur 1 (CCS 1) et qu’elles n’ont pas été prises en compte par la municipalité. D’ailleurs la plupart des parents qui participent au CCS 1 se retrouvent aujourd’hui dans le collectif.

Les parents expliquent la situation du collège Fantin Latour : cela fait 3 ans que le nombre de collégiens dépasse la capacité théorique de 650 élèves. Les parents ont averti le Conseil Général qui a pris des mesures de re-sectorisations partielles qui ont permis d’endiguer la hausse mais toujours de manière temporaire. Cependant cela touche maintenant des enfants qui logent quasiment en face du collège. Par ailleurs la population n’a cessé de croître dans le quartier suite aux opérations immobilières autour d’Europole, sur le site Lustucru, puis Bouchayer-Viallet et maintenant le Clos des Fleurs. Cela sans compter la future opération Presqu’ïle. Lors de la rencontre avec le Conseil Général, celui-ci avait conclu qu’effectivement il y avait un problème d’effectif sur ce secteur. En tant que parents, nous avons besoin que nos enfants soient scolarisés sur le quartier. Nous savons que les collèges sont de la responsabilité du Conseil Général, mais encore faut-il qu’il y ait des terrains prêts à les accueillir. Les parents ont besoin de savoir concrètement quels sont les terrains mis en réserve.

Les parents demandent alors si M. le Maire ainsi qu’il l’avait fait lors de la réunion sur le PLU du 12 avril dernier se prononçait toujours en faveur de la création d’un collège sur la ZAC de la Presqu’Ile.

Collège : une coordination complexe entre différentes instances

Monsieur Destot rappelle alors que :

  • L’ouverture d’un collège (mais aussi d’un lycée) nécessite une coordination parfois complexe entre :
    • La municipalité chargée de la politique d’urbanisation de la ville, de mettre à disposition des terrains, des équipements sportifs, des transport ;
    • Le Conseil Général chargé de la gestion et de l’entretien des collèges ;
    • Le Conseil Régional pour les lycées
    • Le Rectorat chargé de la gestion des personnels de l’Education Nationale.
  • La création d’un nouvel établissement coûte 60 million d’euros.

Les parents s’étonnent de ce chiffre pour un collège et demandent s’il ne confond pas avec un stade.

M. le Maire précise alors que :

  • Son estimation portait sur la création d’un collège estimée entre 15 et 30 M€ et d’un lycée entre 30 et 40 M€
  • Il s’entretient régulièrement de ce sujet avec M. Vallini (Président du Conseil Général de l’Isère) et de M. Queyranne (Président du Conseil Régional Rhône Alpes). A priori ces derniers sont plutôt sur la position de réviser la carte scolaire car globalement il y a de la place sur Grenoble et ses environs mais pas localement.
  • La réflexion est globale avec la politique de la ville au centre avec par exemple :
    • La question autour du maintien du collège Lucie Aubrac (ou de le reconstruire proche de ZAC Flaubert).
    • La suppression du Lycée Stendhal, la revue de la carte scolaire pour les lycées Champollion, Argouge et St Martin Le Vinoux.
  • A l’évidence, il faut trouver une solution acceptable pour le Rectorat, la Région, le Département et la Ville sur ce sujet et cela passe par une concertation qui nécessite du temps et qui doit être décorrélée des enjeux électoraux municipaux qui se profilent te ce d’autant plus qu’il n’y a pas de problème pour la prochaine rentrée.

Enfance : une préoccupation constante de M. le Maire selon lui

Les parents commencent à aborder la situation dans les écoles en décrivant les dysfonctionnements dus aux sureffectifs.

M. Destot rappelle que depuis son élection il y a 18 ans à la tête de la municipalité :

  • La ville a réalisé une « révolution » pour l’investissement sur le primaire et la petite enfance, notamment dans le sud de la ville.
  • La préoccupation des thèmes liés à l’enfance a beaucoup augmenté depuis son élection
  • La création d’un groupe scolaire coûte 10M€.

Les parents rappellent alors que :

  • Il y a tout de même 125 parents délégués qui ont voté la lettre ouverte sur le secteur 1 signe d’une forte inquiétude ;
  • Le nouveau quartier de Bouchayer-Viallet accueille de nouveaux habitants mais également de nouveaux travailleurs qui demandent des dérogations légitimes pour inscrire leurs enfants sur le quartier alors que les écoles sont d’ores et déjà saturées ;

M. Bron prend la parole pour expliquer les projets de la mairie tels que la reconstruction de Jean Macé juste à côté des locaux actuels. Il explique que leur politique est basée sur un rapport de l’AURG qui prévoit qu’il n’y a pas besoin de construire autre chose que des classes dans les locaux existants, mais qu’il fallait une école à Jean Macé et une autre école sur l’Ilôt Cambridge.

Equipements socio-éducatifs prévus dans les nouveaux projets

M. Destot précise alors l’implantation prévue des équipements socio-éducatifs au niveau de

  • La Presqu’Ile :
    • Une école en plus de J.Macé (Ilot Cambridge)
    • Un centre sportif (Nautique car à proximité de l’Isère)
    • Un Gymnase (Celui d’Europole)
  • L’Esplanade avec une passerelle pour relier la Presqu’Ile :
    • Une école ;
    • Le rattachement des élèves au collège de Saint-Martin Le Vinoux où il y a des places libres.

Les parents demandent si les places libres du collège de Saint-Martin-le-Vinoux ont été estimées en prenant en compte les constructions prévues dans le cadre du contrat d’axe. M. Destot demande confirmation à Mme Crifo.

A propos du foncier disponible pour le collège

Les parents demandent alors si il y a effectivement un terrain de prévu pour le collège ce qui provoque l’agacement de M. le Maire qui précise que :

  • Il ne souhaite pas créer de polémique à ce sujet
  • La ville ne peut pas s’engager sur les collèges vu que c’est de la responsabilité du Conseil Général ;
  • Il n’y a aucun problème de foncier sur la Presqu’Ile
  • Il n’y a pas d’urgence pour 2013 ;
  • Pour 2014, on peut trouver des solutions temporaires « pour monter en gamme ».

Les parents interviennent pour exprimer leur sentiment que leurs enfants sont des pions pris en otage par des institutions mal coordonnées et qui anticipent parfois mal les problèmes comme au niveau des écoles du quartier. Ils indiquent aussi que les seuls éléments d’information à leur disposition sont les plaquettes de la SEM INNOVIA qui n’indique pas d’équipements scolaires, ni de réserve foncière.

A propos de la problématique des effectifs dans le quartier actuel

Paul Bron précise en introduction de ce sujet que les écoles doivent avoir une très grande proximité avec les lieux d’habitation ce qui est moins vrai pour les collèges et encore moins pour les lycées.
L’adjoint à l’éducation indique ensuite que:

  • Une étude de l’AURG (Agence de l’Urbanisme de la Région Grenobloise) effectuée en 2002/2003 stipulait qu’il n’y avait pas besoin de créer de nouvelles écoles dans les années à venir sur notre secteur
  • Les écoles étaient spacieuses et il y a eu une baisse des effectifs généralisée à cette époque pour des raisons démographiques et que de ce fait les salles libres ont été utilisées pour d’autres choses (Bibliothèque, …) que des salles de classe, mais ce n’était pas leur vocation première.
  • Les constructions de nouvelles écoles sont maintenant systématiquement accompagnées par la construction d’un centre aéré ;
  • Le changement profond de comportement au niveau de l’école se situe au niveau du pourcentage d’enfants qui sont inscrits dans les cantines et qui deviennent de ce fait sous dimensionnées.

Les parents rappellent alors que :

  • M. Safar avait indiqué lors de la réunion sur la présentation du budget du secteur 1, le 13 février 2013 en présence de M. Garcia, que cette étude s’était trompée ;
  • Ils estiment plutôt que cette étude s’appuie sur des hypothèses avec des indicateurs et que ces dernier n’ont pas été suffisamment suivis par la municipalité ;
  • Ils souhaiteraient d’ailleurs y avoir accès
  • Par ailleurs, sur Anthoard en particulier, il a été démontré que les effectifs ont été multipliés par 1,5 par rapport aux évolutions démographiques et qu’il ne s’agit donc pas d’une évolution conjoncturelle mais structurelle des effectifs
  • L’ensemble des écoles à l’exception de Vallier sont saturées sur le quartier ;
  • M. Bron a indiqué le 1er février dernier lors d’une rencontre avec les parents de Anthoard qu’il se battait pour limiter dans les écoles neuves le nombre de classes à 15 pour conserver des écoles à taille humaine et que malgré ce, Anthoard accueillerait 16 classes en 2014 dans une école non prévue à cet effet à l’origine et que cela s’en ressent sur la vie des enfants.
  • Le budget de la MJC n’a pas suivi la montée des effectifs et que le budget pour le secteur 1 est deux fois moins élevé que celui du secteur 3 à titre d’exemple.
  • Les agrandissements dans les écoles se font au détriment des locaux communs.
  • Les cours sont trop petites nécessitant à Chorier de faire deux temps de récréations pour que tous les élèves puissent en profiter.

M. Bron précise alors qu’il y a deux structures sur le secteur, la MJC et la Maison des Habitants.

Mme Crifo intervient alors pour préciser qu’il ne faut pas exagérer car tous les enfants sont scolarisés ! Michel Destot précisant qu’il y a selon lui des écoles élémentaires en nombre suffisants.

Les parents rappellent que pour au moins 125 parents délégués le compte n’y est pas. La discussion reprend alors sur le collège.

A propos des solutions pour le collège

Les parents demandent en effet quelles sont selon M. le Maire, les solutions pour résoudre le problème de sureffectif au niveau des collégiens.

M. Destot indique alors que :

  • Au vu de la montée des effectifs des collégiens dans le nord ouest de Grenoble notamment, un collège supplémentaire est nécessaire :
    • soit en réaffectant un établissement déjà existant (collège ou lycée) ;
    • soit à travers la construction d’un nouvel établissement
    • soit en modifiant la carte scolaire en rattachant le nord de Grenoble à Saint Martin le Vinoux par exemple.
  • Il ne veut pas rentrer dans la polémique avec le Conseil Général ou le Recteur d’Académie.
  • Il faut une phase de réflexion car il ne veut pas d’une gestion comme celle réalisée par le Recteur d’Académie au niveau du lycée Mounier (il a du régler le problème au niveau du ministre).

Les parents indiquent que :

  • La re-localisation des sections internationales du collège doit fait partie des pistes envisagées par le Conseil Général pour résoudre ce problème. En effet le collège est idéalement situé et qu’accessoirement il accueille une école privée à 4000 € l’année.
  • Lors d’une réunion avec les présidents du CCS 1, les élus ont rappelé que le maintien du collège hors sectorisation et sur admission uniquement sur un critère de niveau de langue étrangère relève d’un choix fort du député-maire M. Destot.Ils demandent des précisions sur ce choix. M. le Maire rappelle que la création de la CSI est un acte fort car : sa création a été difficile. Elle a permis d’accroître l’attractivité de la ville. Sa gestion est complexe car elle est liée à des conventions internationales et locales.
  • Par conséquent, sa finalité n’est pas d’être un collège de secteur.
  • Cela étant, pour mener à bien ce projet rien ne doit être tabou, ni l’existence en tant que tel de la CSI, ni pour Aimé Césaire.

A propos des solutions pour les équipements socio-éducatifs

M. Garcia indique que la Ville a rénové :

  • La piscine Chorrier Berriat pour un montant de 5M€ ;
  • L’espace Mozart pour les plus petits qui vient d’être inauguré.
  • Un préau a été construit à l’école Ampère.
  • La salle des musiques amplifiées va ouvrir prochainement pour un coût de 8,5 M€

M. Destot précise que :

  • La Ville souhaite racheter la caserne de l’Alma pour la transformer en piscine et/ou gymnase dès que les militaires auront une autre solution pour être accueillis.
  • La création d’infrastructure coûte cher aux contribuables.
  • Le secteur contient de nombreux parcs avec notamment le Parc Marliave
  • Les parents rappellent alors que :
  • Des droits de mutations (frais de notaire) sont payées par les acquéreurs des logements dont le but est de financer la création de services publics de proximité.
  • Le quartier a connu un nombre de constructions impressionnant ces dernières années et qu’ils estiment que les investissements n’ont pas suivi et que les dotations non plus.
  • A titre d’exemple la MJC ne peut accueillir que 90 enfants pour plus de 25000 habitants.
  • Ni la salle d’escalade, ni la nouvelle salle de musique répondent au besoin de la plupart des enfants du quartier pour faire du sport
  • Ils ont effectivement beaucoup de parcs représentés sur des affiches publicitaires 4×3
  • Les anciens bâtiments du GRETA pourraient être utilisés pour des structures de quartier

La requalification du site Raymond Bouton en immeuble d’habitation ne ferait qu’accroître les problèmes d’effectifs dans le quartier si la Ville ne procède pas à la création d’une nouvelle école. M. Destot intervient pour préciser sur ce dernier projet que :

  • Il s’agit d’un dossier privé.
  • La ville ne peut pas intervenir tout le temps.

Mme Crifo précise que :

  • Une réunion est prévue ce mois-ci mais ne précise pas de date.
  • Ce projet a été débattu longuement au sein de l’Union de Quartier.

Conclusion

Les parents rappellent qu’ils ont besoin de certitudes, d’engagements et de visibilités sur le court, le moyen et le long terme sur ces sujets.
M. Destot :

  • Demande à Pascal Garcia de faire le bilan de tout de qui a été fait sur le secteur 1 et de tout ce qui est prévu afin de faire une réponse dans les prochains jours/semaines.
  • Indique que la solution pour le collège doit être décidée dans les 18 mois pour une existence en 2020 mais qu’il souhaite que cette décision intervienne après les municipales, entre la nouvelle équipe municipale et les conseillers généraux afin d’éviter les récupérations politiques.
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2 réponses à Compte rendu de la réunion avec la mairie du 6 juin 2013

  1. Isabelle Fitamant dit :

    Merci à chacune des personnes qui nous ont représentés avec brio !
    Il y a encore du chemin à faire, j’ai quelques commentaires sur les « réalisations du secteur 1 » indiquées par M.Garcia…
    Je tiens à préciser pour Ampère que le « préau » est une structure parapluie, ouverte sur 4 cotés, que nous avons bataillé pendant plus de 2 ans pour l’obtenir mais que la surface abritée en temps de pluie ne permet pas aux enfants de plus d’une, voire deux classes de jouer dessous. Il est néanmoins apprécié puisque le préau interne n’est absolument pas adapté pour la taille de l’établissement.
    Pour la piscine, l’espace Mozart : que ce serait il passé sans notre mobilisation à tous ??? Probablement rien.
    Quant à la salle de musique amplifiée : je ne vois même pas ce qu’elle fait dans cette liste, c’est un peu comme si nous disions que la MC2 est une salle dédiée au quartier qui l’entoure…
    Preuve est faite qu’il faut continuer à faire du bruit pour que les élus nous écoutent et que notre quartier puisse se développer comme il faut !

  2. Tuscher Guy dit :

    Merci pour ce compte-rendu fort exhaustif. Oui il y a du chemin à faire, avec cette mairie ou …une autre. Ce n’est pas de la récupération politique (sous entendu, eux ils peuvent récupérer tout le temps mais pas les autres…) mais de la politique toute bête, c’est à dire de la gestion de notre cité.
    On va continuer à s’en occuper; on devrait même être encouragé et félicité pour cela !

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