Réflexions suite à la réunion avec M. le Maire du 6 juin 2013

Ce texte correspond aux réflexions des membres du collectifs présents à la réunion à M. le Maire, le 6 juin 2013. Le compte-rendu de cette réunion est également disponible sur ce site.


Démêlons les chevaux des bourrins.

Je maladresse…

Une évidence d’abord.

La prise de parole publique de M. Destot lors de la réunion sur la révision du PLU le 12 avril dernier n’a pas du être appréciée à sa juste valeur au niveau de l’Hôtel du Département. Ceux qui étaient présents se souviennent encore avec émotion de la phrase de notre Député-Maire aux intonations quasi franco-hollandaises : « Moi président… du Conseil Général de l’Isère je construirais un collège sur la ZAC de la Presqu’Ile »

Le ton et le discours ont changé : la décision appartient d’abord et avant tout au Conseil Général.

M. le Maire nous reprocherait presque d’en avoir fait un élément de polémique alors que nous avons simplement rapporté ses propos prononcés devant une assemblée publique de plusieurs dizaines de personnes.

… Nous maladressons

De même, nous ne sommes pas sûr du tout que la lettre envoyée par la nouvelle instance du Conseil Général, à savoir « l’exécutif départemental PS de la Ville de Grenoble » ait été très bien perçues au 7 rue Fantin-Latour.

En effet, alors qu’une concertation est en cours avec M. Colomb-Bouvard, vice-président chargé des collèges et des équipements scolaires, au sujet de ce problème d’effectifs de collégien du Nord-Ouest de Grenoble, nous recevons une lettre signée des cinq conseillers généraux socialistes de Grenoble pour nous faire comprendre que :

  1. La concertation est d’ores et déjà terminée pour 2014 ;
  2. Du fait de sa contribution au rayonnement interplanétaires de la cuvette grenobloise, l’existence même du collège international tel qu’il existe ne doit pas être remise en cause.

Cela est surprenant à plus d’un titre :

  • D’abord parce que nous avons rendez-vous le 28 juin avec tous les acteurs de cette concertation au Conseil Général et nous nous croyons sincèrement pouvoir discuter d’autre chose que de la pluie et du beau temps même si il y aurait beaucoup à dire en ce moment. Et puis 15h15, ce n’est ni l’heure de goûter et encore moins celui de l’apéro !
  • Ensuite parce que les personnes qui ont en charge des cartes scolaires au niveau du Département nous on confirmé oralement, le jour de la réception de cette fameuse lettre, que la re-sectorisation de la Cité Scolaire Internationale faisait toujours parti des scénarii envisagés.

Rayonnement et… rayonnement

Une question enfin, pourquoi le seul élu Grenoblois du Conseil Général qui ne soit pas socialiste mais écologiste, Olivier Bertrand, pour ne pas le nommer, n’a pas signé cette lettre ?

Peut-être que, quand il a lu rayonnement international, il a compris rayonnement nucléaire. Et à voir comment le CEA et l’ILL ont défendu l’existence du Collège International lors du Comité de suivi et concertation de la Presqu’Ile du 7 juin, nous pouvons penser qu’il a peut-être mieux compris que nous.

Quand le sage montre la lune…

Le discours de notre Député-Maire sur le problème des effectifs de collégiens dans notre secteur a été en vérité emprunt de sagesse ; à savoir :

  1. Toutes les hypothèses doivent être étudiées y compris la re-sectorisation du collège international qui ne doit pas être un tabou.
  2. Ce travail de concertation doit être mené afin de trouver des solutions qui satisfassent le Recteur d’Académie, le Conseil Général de l’Isère et la Mairie de Grenoble.
  3. Ce projet doit être sorti du contexte des prochaines élections municipales afin de le dépolitiser.

… nous regardons aussi ses doigts

Sauf que nous sommes surpris de cette dernière remarque. En effet, s’il peut paraître souhaitable que ce dossier ce règle sans qu’il soit sujet à polémique politicienne, nous pensons naïvement sans doute, que l’enjeu politique se situe au niveau des élections territoriales (ex-cantonales) et non des élections municipales.

Or sauf erreur de notre part, M. le Maire parlait bien des élections municipales qui auront lieu en mars 2014 et qui seront suivies des élections Européennes en 2014 puis des   Départementales en 2015.

Aussi, si le fait de dépolitiser le débat est souhaitable, il faudrait en fait attendre le second semestre 2015 pour résoudre notre épineux problème ! Et là, ce n’est tout simplement pas envisageable car il faut 4 ans entre la prise de décision et la livraison de l’équipement. Nous serons donc d’ores et déjà dans le mur.

Donc pour nous, soit M. Destot ne connait pas son calendrier électoral par cœur, soit il cherche à gagner du temps.

Le temps fait tout à l’affaire …

Et là, que lisons nous dans le Dauphiné Libéré du 7 juin ? Le sénateur Jacques Chiron (NDLR : adjoint au maire de Grenoble) propose un amendement qui permettrait aux agglomérations de Montpellier, Toulon, Rennes, Rouen et bien évidemment Grenoble de pouvoir accéder au statut de métropole.

Or ce statut, outre le pouvoir des communes, permet au métropole, par convention avec le Département ou la Région, d’exercer tout ou partie des compétences sur les collèges ou, respectivement, les lycées.

… ou pas

A moins que notre maire ait vraiment de graves problèmes de mémoire. M. Destot, nous a une nouvelle fois affirmé qu’il n’y avait pas de problème pour 2014, c’est-à-dire « les enfants scolarisés à Ampère iront bien à Aimé Césaire ».

C’est certainement ce qui a été dit en 2011 lors de la re-sectorisation partielle de Jean-Jaurès. Puis encore une fois en 2012 lors de la re-sectorisation, complète cette fois-ci, de J. Vallier.

Comme le dit l’adage, « jamais 2 sans 3 », du coup, on nous le ressort pour 2014 et Ampère.

Mais alors ? Pour 2015 ou 2016, le problème serait-il corrigé ?

Pas par un nouveau collège : trop court. M. Destot a-t-il été voir sa voyante ? Si c’est le cas, il faut qu’il change : elle ne lui avait pas annoncé l’augmentation de la population du secteur 1 et encore moins que celle-ci aurait des enfants !

« Des feux de l’amour » …

En participant à ce collectif, nous savions que suivre les discours des élus sur un sujet aussi mal anticipé que celui qui nous concerne, n’est pas aussi reposant que de suivre les milliers d’épisodes des « Feux de l’amour ». En effet : si nous ratons un épisode, nous ne comprenons plus rien à l’histoire.

Et effectivement, cela ressemble de plus en plus à un feuilleton totalement improvisé. Puisqu’en moins d’un mois, pas moins de quatre scénarii différents ont été envisagés par les élus :

  1. Le 15 mai Mme Crifo évoquait dans le cadre de la réunion du CCS 1, la création d’un collège à la ZAC Flaubert et le déménagement du lycée Stendhal.
  2. Puis le 21 mai dans une réunion réunissant le président du CCS 1 et les élus de la ville, l’envoi de collégiens à Fontaine et Saint Martin Le Vinoux est imaginé comme solution.
  3. Et là ; le 6 mai donc, lors de cette réunion avec notre édile, le choix de Fontaine ne semble plus envisagé (les élus communistes ne seraient ils pas disposés à régler les problèmes des voisins socialistes ?) mais Saint-Martin-Le-Vinoux tient toujours la corde et d’autres pistes nouvelles sont encore apparues telle que la resectorisation de Argouge et Champollion.

… A « Elle est pas belle la vie »

Mieux sur le plateau de France 3, lors de la diffusion du reportage qui introduisait le sujet, nous apprenions que le Conseil Général propose de raser gratis… pardon d’offrir à chaque collégien, concerné par ces légers tracas, un titre de transport payé par les généreux contribuables isérois pour aller de l’autre côté de la ville.

Ces mêmes contribuables, que le Conseil Général annonçait dans le Dauphiné Libéré du 3 avril dernier, ne pas vouloir mettre à contribution pour régler ce problème.

Eco-quartiers, éco-quartiers …

Et c’est ainsi que nos éco-quartiers grenoblois vont se retrouver avec des autobus affrétés par le Conseil Général pour transporter les élèves vers leurs lointains établissements scolaires.

Pourtant, la plaquette de SEM Innovia, que préside l’élue du canton Mme Crifo, précise que des équipements de proximité sont prévus !

Pourtant, la Metro, à laquelle participe encore Mme Crifo et M. Destot, s’est engagé en faveur de la limitation de CO2.

Pourtant, la Ville, dirigée par M. Destot, a financé une campagne en faveur des déplacements à pieds avec force panneau.

… Ecoles à Chailles oui !

Sauf qu’à bien y regarder, la solution d’envoyer les élèves du Clos des Fleurs par transport en commun est innaceptable !
En effet, pour un élève qui habiterait Quai de la Graille et qui devrait se rendre au collège de la Chartreuse, Google maps montre qu’il faut :

  • 15 minutes à pied pour aller rejoindre la ligne 1 de bus puis
  • 20 minutes de trajet en bus ou en tram.

Si on ajoute un temps moyen d’attente de 10 minutes, cela fait une durée totale de 45 minutes pour se rendre sur leur lieu d’étude ! Soit plus que la moyenne des salariés de Grenoble !

Pas sûr que ce soit idéal pour le rythme scolaire des enfants auquel pourtant la Mairie de Grenoble tient tant.

Cette situation pourrait être totalement ubuesque pour certaines familles. Ainsi le cadet, qui serait scolarisé à Chartreuse ou à Aimé Césaire, devrait se lever 30 minutes plus tôt que son ainé scolarisé au collège Fantin-Latour.

Kafka revient ils sont devenus fous.

Nous on dit ça, on dit rien

Alors que si nos élus faisaient le choix de déplacer les sections internationales du collège Europole vers un collège vide du sud de la Ville qui deviendrait le nouveau Collège International, cela serait :

  1. Moins cher pour le contribuable : le Conseil Général n’aurait pas à financer le titre de transports en commun pour les collégiens qui pourraient se rendre à pieds au collège
  2. Plus écologique : le Conseil Général n’aurait pas à affréter des bus pour transporter les élèves qui iraient à pieds au collège
  3. Moins dangereux : nos enfants n’auraient pas à traverser une 7 voies au niveau du pont de Catane pour ceux qui auraient raté leur bus
  4. Mieux pour leur santé : ils se déplaceraient à pieds (je ne sais pas si nous l’avons déjà dit)
  5. Plus respectueux des rythmes : les enfants n’auraient pas à perdre une heure et demi par jour pour se rendre dans leur collège.

Pour mémoire : les enfants qui sont scolarisés dans le collège International viennent de toute l’agglomération, voire même au-delà. Ils se déplacent donc déjà. ! Qu’ils aillent dans ce collège ou dans un autre collège : cela ne change rien ou presque pour eux.

Mais nous disons cela, mais nous ne disons rien en même temps car nous sommes sûrs et certains que les choix de nos élus se feront sur des critères totalement objectifs et donc justifiés.

Si d’aventure, ni l’Education Nationale, ni la Ville de Grenoble ne souhaitent déplacer les sections internationales du collège Europole, alors nous espérons qu’ils aideront le Conseil Général à construire un collège dans le nouveau quartier de la Presqu’île. M. Destot et Mme Crifo nous ont assurés qu’il y avait de la réserve foncière au cas où et qu’il y avait des financements pour des équipements publics…

Laurent, Fabien, Pascal et Jérôme

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